Patrice Chéreau est mort.
Peu d'hommes et d'artistes ont vécu aussi intensément et laissé un héritage aussi impérieux : il y avait tous les metteurs en scène, et Patrice Chéreau. Non qu'il fût toujours le meilleur mais il a toujours été à côté, là où on ne l'attendait pas. Œuvrant sur tous les fronts – théâtre, opéra, cinéma –, il a révolutionné la vision du Ring, de Wagner, offert quelques très beaux films, dont L'Homme blessé, La Reine Margot, Ceux qui m'aiment prendront le train... et des spectacles de théâtre inoubliables, de La Dispute à I am the Wind, en passant par Dans la solitude des champs de coton.
L'histoire de Patrice Chéreau s'écrit au présent, à partir du moment où il découvre le théâtre, grâce à l'atelier du lycée. Il y passe son temps, s'essaye au jeu, mais très vite découvre que ce qu'il aime, c'est organiser. Donc mettre en scène, diriger les autres. Il trouve alors sa place : "J'étais fermé, dur, agressif. Le théâtre m'a aidé à vivre", confiait-il.
Dans l'atelier du lycée, il y a Jérôme Deschamps, Jacques Schmidt, qui deviendra le costumier de Patrice Chéreau, et Jean-Pierre Vincent, qui pleure aujourd'hui un ami. L'époque est intense.
La suite est connue de tous : la signature de mises en scéne inoubliables au théâtre, à l'opéra ou au cinéma.Il servit les plus grands noms du théâtre aussi bien du répertoire que de ses contemporains, à commencer par Koltés don il fut le découvreur.
Merci Patrice Chéreau pour tous ces grands souvenirs de scène qui ont fait de nous des spectateurs toujours plus exigeants.